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Accessibilité
Education et enseignement
Emploi
Formation professionnelle et formation continue
Information
Prévention
- Dépistage
Vie sociale
Préambule
L'action de l'UNISDA se fonde sur le principe du droit des personnes
sourdes à accéder à une autonomie sociale et à
exercer pleinement leur rôle de citoyens. Cet exercice suppose essentiellement,
du fait de la nature du handicap de surdité, un effort permanent
d'adaptation réciproque - de la personne sourde et de son environnement
social - pour communiquer pleinement.
L'UNISDA alerte les pouvoirs publics afin que soit mise en oeuvre et renouvelée
une politique garantissant :
- la reconnaissance, la prise en compte et le financement des besoins
spécifiques des
personnes sourdes en matière de communication qui nécessitent
des aides humaines
"interfaces de communication" (langue des signes, français
signé, langage parlé complété, lecture labiale)
et des aides techniques et technologiques (visuelles et acoustiques, supports
écrits). Pour un sourd-aveugle, par exemple, la communication peut
passer par le braille;
- la reconnaissance effective de la langue des signes et le droit au bilinguisme
(français oral et écrit plus langue des signes française);
- un soutien à la recherche en matière médicale et
psychocognitive pour une meilleure connaissance et maîtrise des
causes et conséquences de la surdité;
- une éducation de qualité pour l'enfant sourd dans le respect
du libre choix des parents conformément à la loi en vigueur;
- l'accès aux enseignements supérieurs, à la formation
professionnelle initiale et continue et à l'emploi pour les jeunes
et adultes sourds;
- l'accessibilité au quotidien des lieux publics, notamment par
la généralisation des dispositifs de sécurité,
de signalétique et domotiques adaptés;
- une information rigoureuse et complète des professionnels concernés
et du grand public.
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Prévention
L'UNISDA demande au ministère de la Santé que soient développées
:
- la recherche fondamentale sur les causes de la surdité et sur
leurs traitements ainsi que sur les acouphènes et vertiges associés;
- les actions découlant des connaissances scientifiques et techniques
(vaccination contre la rubéole et cytomégalovirus, surveillance
des effets de médicaments ototoxiques...
- la lutte contre les nuisances et les bruits : milieu professionnel,
baladeurs...
- les études statistiques.
Dépistage et éducation précoce
La réussite de l'insertion scolaire et sociale de l'enfant déficient
auditif est conditionnée par la précocité du diagnostic
et une éducation précoce spécifique de qualité.
L'UNISDA demande au ministère de la Santé de:
- systématiser le dépistage à la naissance à
neuf et vingt-quatre mois et dans le cadre de la médecine scolaire,
par la mise en application effective de la circulaire du 24 janvier 1977;
- développer une éducation précoce de qualité
(trop de CAMSP polyvalents ne disposent pas d'équipes spécialisées
pour la surdité);
- favoriser la guidance parentale et prendre en compte l'importance de
la relation d!aide interparentale:
- reconnaître le droit des parents à une formation
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Education
et enseignement
La spécificité de l'éducation des enfants sourds
(sévères et profonds) résulte dm problème
majeur de communication et nécessite un enseignement adapté
aux contraintes de la surdité.
Les méthodes d'éducation se sont développées
: les relations entre surdité, fonctionnement de la pensée,
expression orale et écrite, capacités de communiquer sont
mieux et plus largement comprises. Le LPC, la méthode verbo-tonale
apportent à l'éducation des jeunes enfants les moyens d'obtenir
de bien meilleurs résultats dans la perception et l'émission
de la parole.
L'UNISDA demande au ministère des Affaires sociales et au ministère
de l'Education nationale :
- la mise en uvre des conditions nécessaires pour que les
parents puissent exercer leur droit à choisir librement le système
d'éducation adapté à leur enfant;
- une éducation adaptée pour l'enfant et l'adolescent sourds,
que ce soit en établissement spécialisé ou en intégration,
par le biais de soutiens orthophoniques, techniques et pédagogiques
permanents. S'il souffre d'un autre handicap associé, il
faut qu'il puisse bénéficier simultanément des moyens
éducatifs adaptés (et financièrement, si nécessaire,
d'une double prise en charge);
- les développements d'outils pédagogiques (vidéogrammes,
multimédia) doivent intégrer systématiquement les
besoins en communication spécifiques des sourds;
- la réorganisation et la modernisation des établissements
spécialisés publics et privés par la mise en application
de l'annexe 24 quater et de la circulaire pédagogique, et
la formation des personnels enseignants et éducatifs;
- l'élargissement des missions du Comité consultatif national
de renseignement des jeunes sourds;
- le développement de la recherche pédagogique et la mise
en place de systèmes dévaluation;
- l'application et même l'extension des mesures prises en faveur
des candidats handicapés aux examens;
Les jeunes adultes sourds doivent pouvoir choisir librement un cursus
dans les enseignements supérieurs.
L'UNISDA demande au ministère de l'Enseignement supérieur
:
- que soit améliorée l'information des étudiants
sourds au niveau des centres d'orientation comme à celui des écoles,
instituts et universités.
- que soient mis en uvre ou renforcés les dispositifs permettant
à chaque étudiant sourd de bénéficier, quel
que soit le cursus qu'il a choisit d'un soutien individuel adapté,
tant
humain que matériel;
- que soient appliquées les mesures prises en faveur des candidats
handicapés aux examens et concours.
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Emploi
L'UNISDA demande au ministère du Travail, de la Formation professionnelle
et de l'Emploi :
- le développement de services et dispositifs; d'accompagnement
pour aider les adultes et les jeunes au sortir des établissements
dans leurs démarches, leur recherche d'emploi, leurs premiers contacts
et le suivi avec les employeurs;
-l'aménagement des postes et des conditions de travail et, avec
l'appui d'un organisme national tel que I'RTRS, la collecte et la diffusion
des expériences et moyens mis en uvre;
-une accélération des procédures des COTOREP pour
l'attribution des «reconnaissances de travailleur handicapé
»;
-le respect de la loi du 10 juillet 1987 pour l'obligation d'emploi dans
les entreprises privées et dans les trois fonctions publiques notamment
par la création d'un fonds semblable à l'AGEFIPH pour ces
dernières;
-la formation, l'information et la sensibilisation des milieux professionnels
pour favoriser l'embauche et faciliter le soutien en entreprise.
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Formation professionnelle et formation continue
Formation professionnelle et formation continue qu'offrent les établissements
spécialisés ne correspondent plus, dans de nombreux cas,
aux besoins actuels du marché de l'emploi et aux aspirations des
jeunes sourds.
Les formations dispensées par les centres de réadaptation
pour handicapés ou par les dispositifs mis en place pour les travailleurs
non handicapés (AFPA..) sont difficilement accessibles aux personnes
sourdes par manque de moyens d'interfaces de communication.
Les dispositifs mis en uvre par les associations membres de l'UNISDA
pour l'accompagnement des jeunes et adultes dans les centres de formation
ordinaires grâce à un soutien adapté et individualisé
doivent être encouragés et généralisés.
L'UNISDA demande au ministère du Travail de la Formation professionnelle
et de
l'Emploi :
- de garantir le droit à la formation professionnelle et à
l'emploi;
- de réaliser un inventaire des formations initiales spécialisées
existantes;
- le renforcement des moyens de soutien existants dans le second cycle
du secondaire, la formation initiale créant les conditions de la
réussite future;
- un plus large éventail de choix de professions à tous
les niveaux;
- une généralisation de l'insertion des sourds dans les
structures de formation permarente avec l'aide de soutiens pédagogiques
et de communication adéquats;
- l'accessibilité des stages "ordinaires" avec soutiens
pédagogiques et communicationnels adaptés;
- une information auprès des conseils régionaux sur les
difficultés de formation professionnelle des personnes sourdes
et pour que soit réservée une part des rémunérations
CNASEA pour les travailleurs handicapés;
- le soutien aux dispositifs d'aide à l'intégration existants;
- la reconnaissance, pour les stages qualifiants, du niveau de communication
de la personne sourde, de l'analyse de ses difficultés en la matière
et du cahier des charges d'accompagnement proposé en équivalence
de prérequis;
- la reconnaissance, dans le cadre de la formation continue, de stages
de mise à niveau dans le domaine des connaissances générales;
- la reconnaissance des stages de formation parentale, des stages de formation
de l'environnement socio-professionnel de la personne sourde, de langue
des signes, de L.P.C., de lecture labiale, de méthode verbotonale,
comme stages de formation continue agréés; rétribués
et pris en charge par les employeurs et les ASSEDIC;
- la formation de formateurs sourds et de formateurs bilingues;
- le développement d!une politique d'intégration dans la
formation ordinaire plutôt que la mise en uvre d'actions spécifiques,
sans garantie d'une démarche qualité et du respect des projets
des bénéficiaires.
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Vie sociale
L'accès à la vie sociale, à l'information, à
la communication, aux échanges culturels est un droit pour les
personnes sourdes et malentendantes.
Nous demandons :
- l'accessibilité aux services sociaux, aux loisirs et à
toutes les formes de culture, y compris celles dont ont besoin les sourds
utilisant la LSF, par la mise la disposition des moyens techniques et
financiers et des aides à la communication évoquées
au chapitre 7;
- la mise en place de services daccueil de jour, comprenant des
travailleurs sociaux, des éducateurs - certains d'entre eux sourds
- et des interprètes pour assurer un soutien psychologique et un
encadrement social aux sourds de tous âges, et en particulier aux
jeunes en danger.
- pour les sourds multlandicapés, la création détablissements
et de services adaptés (établissements d'éducation
pour les enfants et pour les adultes semi-dépendants ou dépendants),
des foyers de vie (ou foyers à double tarification du ministère
des Affaires sociales) des foyers de jour, des centres daide par
le travail, des services d'interprétariat et d'accompagnement,
des centres de ressources, etc;
- l'encouragement de la démarche de la "Cinquième"
qui crée un magazine fait pour ceux à qui il est destiné
et avec leur collaboration. Nous souhaitons l'ouverture de ce magazine
aux personnes sourdes oralisées, aux enfants, aux devenus-sourds,
aux sourds multihandicapés et aux parents. Nous en demandons le
sous-titrage intégral en clair afin que le public entendant n'ait
pas une fausse image de la surdité en pensant que la LSF est la
seule voie de communication pour les sourds. Cette disposition permettra
aussi aux personnes sourdes non équipées d'un décodeur
de pouvoir accéder à cette émission;
- l'attribution aux personnes sourdes des moyens matériels et financiers
leur permettant de créer et de faire vivre les lieux de rencontre,
d!échanges et de culture dont elles ont besoin;
- la modification et l'assouplissement des règles d'attribution
de l'allocation compensatrice. Les frais d'interfaces de communication
(interprètes LSF, codeurs LPC, répétiteurs oraux
et autres aides humaines ou techniques), dûment justifiés,
devraient pouvoir être pris en charge par l'allocation compensatrice
au titre des surcoûts du handicap, la communication étant
un acte essentiel de la vie.
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Accessibilité
Le progrès technique permet actuellement de pallier, en partie
au moins, le handicap social lié à la surdité.
Les progrès technologiques apportent des améliorations dans
la compensation du handicap : les prothèses auditives, les implants
cochléaires permettent à certains sourds de mieux percevoir
les sons; le Minitel, la télécopie, le sous-titrage rendent
les messages parlés accessibles par la lecture.
Aides auditives
Nous demandons :
- le remboursement intégral des aides auditives modernes en
stéréophonie (le remboursement actuel au-delà de
seize ans par la Sécurité sociale ne représente que
10 % du prix réel pour deux prothèses) et le remboursement
de deux forfaits entretien annuels;
- la gratuité des équipements d'écoute à distance
et des nouvelles techniques fiables (implants intra-cochléaires);
Environnement
Nous demandons :
- la révision des textes concernant l'accessibilité relatifs
aux constructions neuves des locaux privés ou publics, notamment
des locaux scolaires, afin dy inclure les adaptations nécessaires
aux déficients auditifs;
- l'adaptation et l'équipement des lieux publics, administratifs
et culturels existants au moyen de matériels facilitant la communication
(boucles magnétiques, infrarouges, RF ... );
Téléphone
Nous demandons:
- l'équipement des cabines téléphoniques en
systèmes adaptés pour les déficients auditifs, publiminitels
à un coût réduit, sans oublier les bornes d'urgence
sur les autoroutes, les interphones...
- la gratuité de l'abonnement au Minitel et une réduction
tarifaire de 80 % sur les taxes de trafic téléphonique (la
commnucation écrite demande sept fois plus de temps que la communication
orale), une réduction sur l'abonnement, ALPHAPAGE;
- l'aide des pouvoirs publics pour la mise en place de services dinformation
pour former les déficients auditifs à l'usage du Minitel
(documents vidéo...) et pour le promouvoir auprès des administrations
et du public (médecins, commerçants ...);
- la création d'un centre national de truchement ouvert vingt-quatre
heures par jour et gratuit permettant de gérer tous les appels
d'urgence vers les pompiers, la police, le SAMU, les médecins,
etc.
Accès à l'information et à la culture
Nous demandons:
- la généralisation du sous-titrage sur toutes les chaînes
de télévision;
- le développement du sous-titrage instantané et l'amélioration
de sa qualité journaux d'informations, débats...
- le sous-titrage et l'interprétation en langue des signes des
discours des campagnes électorales;
- l'accès aux manifestations culturelles avec sous-titrage vidéo
dans les musées, expositions etc. La diffusion de documents écrits,
la mise en place de bornes multimédia intégrant toutes les
interfaces de communication avec les personnes sourdes;
- le développement du sous-titrage en français des films
français et leur distribution en
salle et par vidéogrammes;
- l'accessibilité en général de tous les nouveaux
médias : CDI, CD-ROM etc;
- pour les sourds multihandicapés, l'utilisation de toutes les
techniques spécifiques (vibrateur, aides techniques informatisées,
etc.);
Interface de communication
Les interprètes en LSF (langue des signes française), les
interfaces de communication, les transcripteurs oral-écrit et les
codeurs en LPC permettent aux personnes sourdes de participer pleinement
à la vie scolaire, sociale et culturelle, à travers les
aides individualisées qui leur sont nécessaires. Cette interface
de communication doit être de qualité et entraîne des
exigences par rapport à leur formation, à la reconnaissance
de leurs diplômes et à la mise en place de services gratuits.
Nous demandons l'officialisation de cours et de stages menant à
des diplômes reconnus par l'Etat et correspondant, par leur contenu,
aux exigences des situations diverses mentionnées ci-dessus.
Nous demandons:
- un soutien à leur qualification;
- leur prise en compte économique;
- la mise en place de services gratuits d'interfaces de communication
en collaboration
avec les associations, pour répondre aux besoins d'intervention
auprès de la police, de la justice, des administrations;
- la possibilité d'utiliser le «chèque service»
pour rénumérer les interfaces de communication;
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Information
Les problèmes liés à la surdité sont très
mal connus du public et des administrations. Le débat sur les rôles
respectifs de l'oralisme et de la langue des signes, encore accru par
les récents événements médiatiques (film ,
pièce de théâtre, cinéma, TV ... ) conduit
à des prises de position radicales et crée une confusion
dans l'esprit des parents, des professionnels et des décideurs.
Il faut donc :
- 1 Développer et favoriser l'information et la formation des milieux
professionnels, et notamment :
- des personnels de santé (médecins, infirmiers
- des enseignants et des formateurs,
- des travailleurs sociaux,
- des agents des services en contact avec le public (PTT, SNCF, administrations
- des entreprises,
-2 Développer et favoriser l'information du grand public sur ce
qu'est la surdité de naissance et la surdité acquise, en
précisant les différences qui en résultent sur le
comportement des intéressés.
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