Les devenus sourds

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Les personnes devenues sourdes ou malentendantes ont été touchées par ce handicap après l'acquisition de la parole, aussi bien à l'adolescence qu'à l'âge adulte ou au troisième âge. Elles constituent la très grande majorité des déficients auditifs mais, malgré leur importance numérique, leurs problèmes sont souvent méconnus du grand public, la surdité de personnes s'exprimant normalement n'étant pas visible.

Culture et psychologie des devenus sourds ou malentendants.
Il s'agit de personnes dotées d'une instruction normale qui ont constitué durant leur période entendante un réseau de relations sociales, affectives et professionnelles, tout à fait banal. Brusquement ou progressivement cet acquis disparaît; du fait de la déficience auditive, les amis s'éloignent, les contacts avec les collègues et les voisins se raréfient, l'atmosphère familiale se détériorise.

Les personnes devenues sourdes ou malentendantes ont tendance à contourner ou à nier leur handicap, en se comportant comme si elles continuaient à entendre. Elles se réfèrent de façon plus ou moins explicite à la période pendant laquelle elles entendaient et dont elles souhaitent le retour , lié à quelque prouesse technique, tels que les implants cochléaires par exemple.

De ce fait elles ont autant de mal à s'intégrer au monde des sourds de naissance, dont la mentalité et la culture sont très différentes, qu'à celui des entendants qui les rejette plus ou moins instinctivement.

Ce comportement n'a pas été suffisamment étudié par les psychologues, plus intéressés semble-t-il par les problèmes de la surdité innée.

Quels sont les moyens de faire face à cet isolement stressant, à la détérioration de la cellule familiale et à la perturbation de la vie professionnelle?

Les appareils de correction auditive (ACA)
Couramment prescrites par les ORL, elles ne constituent pas une panacée mais une aide souvent appréciable bien que ne permettant pas de rétablir totalement l'audition. La sécurité sociale, en ne remboursant que 15% du prix d'une seule prothèse aux adultes, est certainement responsable du fait que 600 000 déficients auditifs seulement sur près de 4 millions soient appareillés en France.

La lecture labiale
Elle permet aux devenus sourds ou malentendants de lire sur les lèvres de leurs interlocuteurs. C'est un puissant facteur d'intégration au monde des entendants avec qui elle permet une communication plus discrète que l'écrit ou que le langage gestuel lorsqu'on désire comprendre directement ses interlocuteurs. Néanmoins son emploi prolongé est très fatiguant. Des stages périodiques de remise à niveau sont indispensables. Elle exige que les interlocuteurs fassent l'effort de parler lentement, distinctement et brièvement en se plaçant de face, conditions très rarement remplies. Lorsqu'elles sont prescrites par un médecin, la sécurité sociale rembourse (accord préalable) les séances de lecture labiale dispensées par un orthophoniste diplômé.


La vie associative
Les associations de devenus sourds ou malentendants jouent un rôle très important en contribuant à rompre l'isolement de leurs adhérents grâce à des permanences d'accueil leur permettant de se rencontrer et de s'informer. Elles les représentent auprès des pouvoirs publics et des employeurs, publient des bulletins d'information, et organisent des cours et stages de lecture labiale. La plupart sont regroupées au sein du BUCODES, 37-39 rue Saint Sébastien, 75011 PARIS, lui même affilié à l'UNISDA (Union nationale pour l'insertion sociale du déficient auditif) .

Les aides techniques
Nous nous bornerons à en énumérer les principales: amplificateurs de combinés téléphoniques, boitiers minitels "Dialogue", répondeurs télématiques avec ou sans imprimante, flashes lumineux d'alerte, boucles magnétiques dans les lieux bruyants, liaison HF ou IR pour cours ou conférence, décodeur d'émissions télévisées sous titrées, systèmes interactifs informatisés etc.

La réinsertion professionnelle
Essayer de dissimuler sa surdité à ses collègues et à son employeur est généralement stérile. Mieux vaut solliciter leur collaboration pour utiler des moyens cités plus haut (lecture labiale, aides techniques, etc...) soit dans le même poste soit dans un poste de moindre communication. Cette démarche, généralement efficace dans les services publics ou les grandes entreprises, peut être financée par l'AGEFIPH, même dans les petites entreprises.
Au delà, le chômeur devenu sourd ou malentendant a énormément de difficultés à obtenir une aide personnalisée. En effet le soutien à apporter à un cadre juridique de 50 ans n'a rien de commun avec celui requis pour un jeune manutentionnaire, chacun d'eux souhaitant naturellement voir pris en compte son acquis professionnel antérieur. Ce problème ne peut donc être résolu par des stages collectifs tels que ceux organisés couramment en faveur de nés-sourds ayant tous le même âge et le même niveau. Le complément de formation individualisé nécessaire pour les devenus sourds ou malentendants adultes est très rarement proposé, car hors normes et très onéreux pour les structures spécialisées compétentes. Cependant l'AGEFIPH commence à s'en préoccuper en cofinancant par exemple des réorientations professionnelles personnalisées.

Texte du BUCODES 37-39 rue Saint Sébastien 75011 Paris. Tél. Fax et Mtl : 01 49 29 07 42
Mise à jour de mars 2001.



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