Le rôle du médiateur
Le médiateur ne peut connaître que des litiges opposant
un administré à lune des autorités suivantes
:
- Administrations de lEtat,
- Collectivités territoriales,
- Etablissements publics,
- Organisme investi dune mission de service public (ex : CPAM).
Lintervention du médiateur est justifiée dans deux
situations :
1/ Lorsque ladministration ou lorganisme concerné
na pas répondu à la mission de service public quil
devait assurer (erreurs, négligences, retards, exigences dun
formalisme excessif).
En tout état de cause, cest un fonctionnement défectueux
du service qui est à déplorer. Cest à dire
que le médiateur ne peut examiner les suggestions, les demandes
de faveur, etc.
2/ Lorsque les conséquences dune décision légalement
prise, cest à dire conforme au droit, savèrent
inéquitables.
Sont exclus du champ de compétence du médiateur :
- Les différends qui opposent des personnes privées entre
elles (voir le conciliateur, il en existe dans chaque département),
- Les litiges opposant un fonctionnaire ou agent public à ladministration
qui lemploie,
- Les demandes tendant à remettre en cause une décision
de justice et non à en pallier les conséquences inéquitables.
Laction du médiateur
Dans le cadre de ses investigations, il peut :
- Poser des questions aux administrations collectivités
locales et organismes publics qui sont tenus de répondre,
- Convoquer des fonctionnaires ou des représentants de ces organismes,
- Exiger la communication de tout document concernant le litige dont
il est saisi,
- Diligenter des enquêtes en relation avec les grands corps de
lEtat (Conseil dEtat, Cour des Comptes
).
Il formule des recommandations qui lui paraissent de nature à
régler les différends dont il est saisi, et, le cas échéant,
toute proposition tendant à améliorer le fonctionnement
des services publics.
Il adresse des injonctions si le service public ne se conforme pas à
une décision de justice. Il saisit les plus hautes autorités
de lEtat et lopinion publique par la publication dun
rapport annuel et de rapports spéciaux.
Il émet des propositions de réforme et de modification
quil lui paraît opportun dapporter à des textes
législatifs ou réglementaires.
Comment saisir le médiateur ?
Tout particulier peut saisir le médiateur. Toutefois la loi du
6 février 1992 a étendu la possibilité de réclamation
aux personnes morales (dont les associations régies par la loi
de 1901). Au préalable, il faut avoir fait une réclamation,
une démarche préliminaire auprès de ladministration
(ou de lorganisme public) pour régler le conflit. Il faut
donc conserver les copies de ces démarches (envoyées en
recommandé avec accusé de réception) et de tout
autre document.
Ladministré peut ensuite écrire au médiateur.
Il doit exposer les faits de façon claire, concise et chronologique
en fournissant copie de toutes les pièces du litige. Le requérant
doit préciser expressément ce quil attend de ladministration,
de la collectivité locale ou de létablissement public
concerné. La lettre doit être datée et signée
de son auteur.
Cependant, la réclamation, si elle doit bien être adressée
au médiateur, ne doit pas lui être transmise directement
sous peine de rejet : le requérant doit obligatoirement adresser
sa réclamation à un député ou à un
sénateur, de son choix, qui est seul habilité à
saisir le médiateur sil estime que le litige relève
bien de sa compétence et mérite son intervention.
Le délégué départemental
Au préalable, il est vivement conseillé de contacter le
délégué départemental du médiateur
pour demander avis et conseils et éviter des erreurs.
Il y a un délégué départemental dans chaque
préfecture et ce délégué exerce deux type
de mission :
- Il aide le citoyen (ou lassociation) qui souhaite saisir le
médiateur,
- Il peut régler personnellement les difficultés dont
il est saisi : souvent la solution du litige tient à peu de chose,
il suffit parfois de faire rouvrir le dossier.
Médiation et action en justice
Le recours au médiateur est indépendant des actions en
justice qui peuvent être engagées parallèlement
ou antérieurement. Le recours au médiateur ne suspend
pas les délais de recours en justice.
Laction du BUCODES
Les services du médiateur se concertent régulièrement
avec ceux des ministères. Le BUCODES a donc rencontré
le médiateur, exposé les difficultés des DSME et
suggéré des améliorations dans les domaines suivants
:
- Le sous-titrage insuffisant, en qualité comme en durée,
sur les chaînes publiques de télévision,
- Les publicités sur des faux appareils auditifs (non inscrits
au TIPS), de nature à tromper le consommateur et qui peuvent
présenter un danger pour laudition,
- Les publicités trop agressives, voire mensongères, de
certains audioprothésistes,
- Les surdités provoquées par le volume sonore excessif
dans les concerts.
De même, les services du médiateur ont été
sollicités pour influer sur la rédaction du cahier des
charges des chaînes publiques de télévision (CSA),
de France Télécom (service universel) et améliorer
la signalisation visuelle des lieux publics (doublage visuel des annonces
sonores).
Le médiateur a émis, notamment, trois propositions de
réforme :
- 96-R011 : limitation de lusage du baladeur par les conducteurs
de véhicule,
- 97-R010 : publicité pour les appareils auditifs,
- 98-R003 : serveurs télématiques des Cotorep.
En 1998, une demande de réforme des modalités dexonération
de la redevance télévision a été présentée,
et finalement rejetée par le médiateur. Celui-ci a jugé
quil ne pourrait pas intervenir utilement.
Suite aux motifs avancés par le médiateur, le BUCODES
formulait début janvier 1999, un nouveau recours. Celui-ci ne
portait pas sur la question de la « redevance de laudiovisuelle
» mais sur le sous-titrage à la télévision
(son insuffisance).
Le médiateur a émis le 19 octobre 1999 des propositions
de réforme qui ont été transmises au Ministère
de la Culture et de la Communication, sous la référence
99-R010.
Enfin, nous sommes dans lattente des réponses des services
du médiateur suite à deux recours formulés durant
lannée 2000 :
1/ Le 8 janvier 2000 : les incohérences de la législation
du bruit culturel et les incohérences entre cette législation
et celle régissant le TIPS (au sujet des appareils correcteurs
électroniques de surdité).
Texte élaboré par Vincent Jaunay , devenu-malentendant,
Vice-Président du BUCODES et Président de lAssociation
dAnjou des malentendants et devenus-sourds (AAMDS-SURDI 49).
Quitter