Quand le déficit auditif dépasse 100 dB sur chaque oreille,
les prothèses les plus sophistiquées sont le plus souvent
inefficaces et la surdité est qualifiée de totale (cophose),
ce qui serait le cas d'environ 20 000 personnes en France.
Les implants cochléaires constituent alors une solution envisageable
étant bien précisé qu'en cas de succès la
personne sourde totale se retrouvera dans la situation d'une personne
devenu sourde sévère bien appareillée de façon
classique mais pas dans la situation d'un entendant parfait. Ce résultat
partiel est néanmoins susceptible de satisfaire certains des
devenus sourds totaux, qui renouent ainsi avec leur ancien environnement
auditif.
Le principe de l'intervention, déjà pratiquée sur
plus de 20 000 sourds dans le monde, dont près de 900 en France,
consiste à envoyer un signal électrique, généré
par un bruit ou par de la parole du locuteur, vers le nerf auditif (en
partie fonctionnel) à travers la cochlée hors service.
Actuellement les appareils les plus perfectionnés, utulisent
21 fréquences différentes.
Dans les cas les plus favorables (environ 30 %) la personne implantée
peut comprendre alors les conversations sans l'aide de la lecture labiale.
Des résultats moyens (50%) permettent d'entendre à nouveau
les sons mais pas de déchiffrer la parole sans l'aide de la lecture
labiale.
Le taux d'échec ne dépasse pas 20 %, en général
dûs à une mauvaise interprétation des tests préliminaires.
Comme l'ont confirmé les travaux de l'ANDEM et du Comité
national d'éthique, c'est avec les devenus sourds adultes, dont
la surdité totale n'est pas trop ancienne, que les meilleurs
résultats sont enregistrés. Quant aux enfants sourds des
difficultés techniques, éthiques ou psychologiques spécifiques
font que leurs parents sont souvent dans l'expectative. Une fiche particulière
leur est consacrée.
Actuellement environ 200 implantations peuvent être effectuées
gratuitement, chaque année, dans les CHU sélectionnés
par le Ministère de la santé. Il est donc nécessaire,
soit de s'inscrire sur une liste d'attente de CHU, soit de s'adresser
à une clinique privée (coût moyen 200 000 F non
remboursés) si les délais sont jugés trop longs.
Les associations concernées revendiquent notamment l'augmentation
du nombre d'implantations gratuites et la prise en charge intégrale
du remplacement ultérieur des éléments externes
vétustes, comme prévu par la circulaire ministériellr
382/DH/DSS du 27 mai 1997.
Les indications de l'implant (pour les personnes devenues sourdes).
De nombreuses conditions sont exigées pour espérer le
succès. En plus d'un bon état général, de
la qualité du chirurgien et du plateau technique. La surdité
doit être subtotale, bilatérale, avec des seuils supérieurs
à 100 dB, au-delà du 150 Hz, et une absence d'efficacités
des prothèses conventionnelles. Cet essai prothétique
est impératif car il existe des patients ayant des tracés
de potentiels évoqués auditifs du tronc cérébral
et d'électrocochléographie plats, mais qui tirent cependant
bénéfice d'un appareil de correction auditive.
La famille et le patient doivent être demandeurs de l'implantation,
après qu'ils aient été bien informés qu'elle
ne procure qu'un apport auditif.
Il doit exister des cellules nerveuses encore fonctionnelles en nombre
suffisant. L'état de ces fibres peut être apprécié
par des tests. Le test de la fenêtre ronde est d'autant plus favorable
qu'il existe un large écart entre le seuil de perception et le
seuil douloureux.
La participation active du patient est un atout : non pas tant son niveau
intellectuel que ses possibilités de discrimination des afférences
sensorielles, la qualité des résultats de la rééducation
déjà entreprise, la qualité de la lecture labiale
et de la plasticité cérébrale. Le lieu d'habitation
est à prendre en compte, compte tenu de la rééducation
orthophonique nécessaire.
Le résultat est le plus souvent favorable : il s'agit pour le
patient d'un "nouveau monde" au sein duquel il devra s'éduquer
pour une reconnaissance des nouveaux phonèmes entendus, en profitant
de son expérience précédente d'entendant.
Malgré ses imperfections l'implant présente, au plan psychologique,
l'avantage pour les devenus sourds d'être la meilleure solution
dans le cas d'une surdité totale qui est souvent leur
hantise.
Texte du BUCODES 37-39 rue Saint Sébastien 75011 Paris. Tél.
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Mise à jour de mars 2001.