On parle souvent de sourds et de malentendants,
employant volontiers un terme pour un autre comme s'ils étaient
équivalents. Mais avant de définir ces termes, une première
observation s'impose, même si elle paraît évidente:
sourds et malentendants souffrent ensemble d'une déficience auditive,
c'est à dire d'une baisse de l'audition, de l'acuité auditive.
On dit aussi parfois qu'elle constitue une élévation du
seuil de perception des sons, car ceux-ci doivent être plus forts
pour être entendus. Cette difficulté est plus ou moins
importante. Elle peut être chiffrée et définie selon
une classification proposée par le Biap ( Bureau International
d'Audiophnologie )
Les sons ont des fréquences variables, ils sont aigus ou graves.
Bien souvent, la perte auditive n'est pas la même pour toutes
les fréquences et l'on peut imaginer, par exemple, que certaines
cellules de la cochlée travaillant mal, la personne ait des ennuis
avec une hauteur de son bien précise. En pratique, les sons aigus
sont les plus fragiles, ce sont ceux que l'on perd en premier quand
on vieillit. Mais pour donner une idée de la perte auditive,
on parle de "perte moyenne": on la calcule en faisant une
moyenne des pertes , mesurées pour les fréquences de 500,
1000 et 2000 Hz.
Ainsi, l'audition est dite normale, quand la perte est inférieure
à 20 dB. Il n'y a aucune gêne dans la vie courante. Seuls
des examens l'objectivent.
La déficience est dite légère quand la moyenne
de la perte est comprise entre 20 et 40 dB. La parole est perçue.
Mais dans la conversation courante, quand les interlocuteurs ne forcent
pas la voix, certains éléments phonétiques comme
certaines syllabes, échappent au malentendant. Il ne comprend
pas certains mots. Il n'entend pas non plus les secrets murmurés
à 30 dB. Son environnement est déja appauvri puisque les
sons lointains et les bruissements ne lui parviennent pas...
La déficience auditive est moyenne quand la perte est
comprise entre 40 et 70 dB. Seule la parole forte est perçue.
Les difficultés sont certaines. Une prothèse auditive
est nécessaire. Les personnes atteintes s'aident en " lisant
sur les lèvres ". C'est la lecture labiale.
Le niveau de 50 dB constitue un seuil (Pr Lafon). L'audition a de nombreuses
fonctions dont en premier celle d'entendre les autres. Ce que l'on sait
moins, c'est qu'elle est nécessaire pour contrôler sa propre
voix. Il semble que ce soit autour de 50 dB que joue cet autocontrôle.
Une déficience supérieure à 50 dB ajoutera cette
difficulté à la perte d'informations.
A un degré supérieur, la déficience est dite
sévère quand la perte moyenne est comprise entre 70
et 90 dB. Dans ce cas seule la voix puissante est perçue. La
gêne est très importante. Appareillage, lecture labiale,
rééducation sont indispensables.
Quand la perte est supérieure à 90 db la déficience
est dite profonde. L'enfant qui naît ainsi, ou le devient
très tôt, peut devenir sourd et muet, car en l'absence
d'une rééducation appropriée il ne parlera pas.
Il restera emmuré dans son silence. Aujourd'hui des sourds profonds
sont là pour témoigner qu'ils ont " réussi
" leur vie et leur adaptation, sociale et professionnelle. Ils
sont épanouis, mais ils ne cachent pas les efforts qu'ils doivent
sans cesse fournir.
Enfin, si le déficit est encore plus grand, ( si la perte
dépasse les 120 dB ), la surdité est considérée
comme totale. C'est une cophose. Il semble bien toutefois
que les sons soient perçus, mais ils sont si faibles que l'on
ne peut rien analyser ni tirer aucune information, aucun renseignement.
Dans le langage courant, il est convenu d'appeler sourds ceux qui entendent
le plus mal la parole. Le seuil est alors de 65 à 70 dB à
1 mètre. Ces sujets sont atteints de surdités sévères,
profondes, ou ils souffrent de cophose.
Ceux dont la déficience auditive est inférieure à
65-70 db sont appelés malentendants.
Extrait de l'ouvrage " Mal entendre au quotidien " de Marie-Lise
Bargues. Editions Odile Jacob. 15, rue Soufflot, 75005 Paris.
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